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(Article) La recherche agronomique en France depuis le XIXème siècle
L'incroyable histoire de la science agricole en France s'inscrit entre une tradition héritée d'un passé très présent et un modernisme indispensable.

L'histoire de l'agronomie et de la recherche agronomique française s'inscrit dans une continuité sans cesse en mouvement. De par l'évolution des thématiques et des programmes de recherches, mais également à cause d'un manque constant de reconnaissance, la science agricole cherche depuis plus d'un siècle les conditions de son émancipation et un cadre satisfaisant pour la réaliser. La question centrale demeure la centralisation et l'organisation administrative des structures de recherches qui, comme pour l'ensemble de la recherche scientifique, doit permettre une autonomie indispensable à la bonne conduite des recherches.

Les débuts de la centralisation de la recherche agronomique

A la fin des années 1860, l’affirmation d’une véritable politique d’organisation et d’institutionnalisation de la science agricole va permettre à l’agronomie un essor lent et complexe…

En 1905, un nouvel évènement vient bouleverser la science agricole. Dans un rapport présenté devant l’Assemblée, M. Ruau, ministre de l’Agriculture, présente les insuffisances de la discipline en France et la nécessité de faire de l’agronomie, tant du point de vue de l’enseignement que de la recherche, une priorité pour l’agriculture française. Il insiste notamment sur le besoin d’organiser et de diriger les travaux des stations agronomiques. Ainsi, le rapport permet la création, en 1905, d’un Comité d’organisation et de perfectionnement de l’enseignement de l’agriculture, des stations de recherches et laboratoires agricoles.

Dix ans plus tard, l’administration se poursuit avec la création, au sein du Ministère de l’Agriculture, d’un Service des laboratoires et d’un Comité consultatif des laboratoires dont le but est d’organiser la direction ministérielle des différents organismes de recherches.

Les deux Guerres mondiales et la nécessité de produire plus

L’instauration, en 1918, d’un Conseil supérieur des stations agronomiques et des laboratoires, puis la promulgation, en janvier 1919, d’une loi tendant à l’intensification de la production agricole, préfigurent la création en 1921 de l’Institut des recherches agronomiques (IRA). La vocation d’orientation et d’augmentation des rendements agricoles instituée par les décisions de 1918 et 1919, est à la base de l’autonomisation de l’IRA.

L’Institut des recherches agronomiques, office disposant de la personnalité civile et de l’autonomie financière est chargé de développer les recherches scientifiques appliquées à l’agriculture. Son rattachement, en 1934, au Ministère de l’Agriculture, en partie dû à la crise économique et aux restrictions budgétaires de l’Etat, marque une nouvelle période de dépendance scientifique.

Avec le début de la Seconde Guerre mondiale et la chute de la République, le Ministère de l’Agriculture est réorganisé et la recherche agronomique est rattachée dès lors à la direction de l’enseignement et des services scientifiques de l’agriculture.

La période vichyssoise est une période complexe pour la recherche agronomique car elle est partagée entre centralisme administratif et nécessité d’intensifier la production agricole par une participation active de la science à l’agriculture. Deux réformes successives viennent matérialiser ces hésitations avec, en 1942, la création du Service des recherches agronomiques, puis, un an plus tard, l’instauration du Service de la Recherche et de l’Expérimentation qui remplace le précédent.

La création de l’INRA ou l’aboutissement d’une politique sans cesse perfectible

Jusqu’à 1946 et la promulgation d’une loi organisant la recherche et créant l’institut national de la recherche agronomique (INRA), la recherche agronomique française subit la domination et le conservatisme du Ministère de l’Agriculture. Cependant, l’histoire de l’INRA révèle toujours les vicissitudes de cette tutelle et illustre la difficulté de centraliser la recherche agronomique, tout en lui conférant l’autonomie indispensable à toute activité scientifique.

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