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(Article) L'occupation des sols dans le canton de Beaujeu au XIXème siècle
Le canton de Beaujeu est au XIXème siècle un territoire où cohabitent différents types d'agriculture. Les sols sont occupés par des vignes, des prés...

Au début du XIXème siècle, l’administration napoléonienne décide de dresser un tableau précis des propriétés foncières de l’Empire afin de prélever les impôts plus facilement. Ainsi, en 1807 une loi définit les modalités de création du premier cadastre napoléonien qui doit à la fois permettre d’imposer équitablement les citoyens aux taxes foncières mais aussi de définir de quelle manière le sol est occupé, commune par commune. La loi de 1807 explique de manière concrète le rôle de ces relevés fonciers : « Mesurer sur une étendue de plus de sept mille neuf cent et un myriamètres carrés plus de cent millions de parcelles… ; confectionner, pour chaque commune, un plan où sont rapportées ces cent millions de parcelles, les classer toutes d’après le degré de fertilité du sol, évaluer le produit imposable de chacune d’elle ; réunir au nom de chaque propriétaire les parcelles éparses qui lui appartiennent ; déterminer, par la réunion de leur produit, son revenu total et faire de ce revenu un allivrement qui sera désormais la base de son imposition… ».

Tout au long de la première moitié du XIXème siècle, les géomètres, arpenteurs et autres fonctionnaires du cadastre s’attachent donc à recenser la nature des terrains, leurs propriétaires, leurs fertilités… Dans le canton de Beaujeu, les premiers cadastres napoléoniens sont établis au cours des années 1820 et permettent de mieux comprendre comment le paysage foncier a évolué, tant dans sa structure même que dans la composition des propriétaires.

Des agricultures multiples

Au XIXème siècle, le canton de Beaujeu est encore dominé par une agriculture "polyculturale". Dans la majeure partie des communes, le sol est occupé par des vignes, des terres labourables, des prés, des bois dans des proportions relativement importantes. Néanmoins, certaines communes plus en altitude n’ont que très peu, ou pas du tout, de surfaces plantées en vignes. Les autres, plus proches de la vallée de la Saône, sont déjà fortement occupées par les ceps de vigne, sans que cette domination soit encore réellement manifeste.

Les communes "viticoles"

Compte tenu de la nature même des sous-sols très divers, des importantes variations d’altitude et des expositions au soleil, on distingue deux groupes de communes dans le canton de Beaujeu lorsqu’il est question d’occupation des sols. D’un côté, on trouve une majorité de communes que nous appellerons par commodité « viticoles », où l’altitude moyenne ne dépasse pas 550 mètres et où la vigne occupe entre 20 et 60 % du territoire agricole cadastré. Ces communes sont recouvertes en moyenne de 35 % de vignes et regroupent la plupart des appellations viticoles et des crus du Beaujolais d’aujourd’hui. On y classe donc : Chénas, Chiroubles, Emeringes, Fleurie, Juliénas, Jullié, Lantignié, Quincié, Régnié et Durette qui forment encore deux communes distinctes, Villié-Morgon.

Les communes "montagnardes"

De l’autre côté, il existe des communes dont le sol est principalement occupé par des terres labourables, des prés, des bois et des vassibles (surfaces de landes à genêts, à fougères et à bruyères qui sont le résultat d’intensifs déboisements et qui correspondent dans le Rhône à des friches). Ces communes situées à plus de 550 mètres d’altitude, que l’on dénommera « montagnardes » ne possèdent presque pas de vignes, entre 0 et 12 % du territoire communal. Ces communes « montagnardes » sont : Avenas, Beaujeu, Les Ardillats, Marchampt, Saint-Didier-sur-Beaujeu, Vauxrenard et Vernay.

Vers de nouveaux paysages

Le Beaujolais et le canton de Beaujeu en particulier ne sont pas des territoires possédant un sous-sol très riche et fertile. La vigne y trouve donc un terrain propice pour se développer et reçoit donc la faveur des cultivateurs. Dans les zones plus en altitude, le climat et la composition des sous-sols ont modifié le paysage que l’on peut observer dans les communes plus proches de la vallée de la Saône. Cette distinction historique entre le Beaujolais « viticole » et le Beaujolais « vert » perdure tout au long du XIXème siècle mais bientôt des crises majeures vont modifier les paysages, l’économie agricole et l’archaïque polyculture familiale.

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